La prison de la rue Winter

VOUÉ AU PILORI ET AU PILON

L’avenir du complexe de la prison Winter demeure incertain étant donné la décrépitude et la négligence dont est victime ce lieu unique d’intérêt historique. En raison de son état de délabrement avancé, la Régie du bâtiment a condamné l’immeuble en avril 2007.

La prison Winter a été sauvée du pic des démolisseurs par un groupe dévoué à son réhabilitation et son usage continu par la collectivité. Les groupes locaux sont souvent écrasés par les coûts élevés d’entretien et de restauration imputables aux biens municipaux et provinciaux d’un grand intérêt patrimonial.

Des incitatifs financiers de tous les niveaux de gouvernement sont nécessaires pour assurer la viabilité des grandes réalisations architecturales.

Historique

Construit en 1865 par Charles Côté selon les plans de l’architecte Frederic Preston Rubidge, l’immeuble en pierre est une construction de style palladien qui a conservé en grande partie son intégrité et son authenticité architecturale.L’ensemble carcéral se compose de l’édifice principal, d’un mur d’enceinte pénitentiaire exceptionnel en pierre, d’une cour intérieure, d’espaces verts, de la maison du geôlier et d’un édifice en brique construit dans les années 1940.

La prison est la plus ancienne construction en pierre de Sherbrooke et le troisième plus vieil édifice public de la ville. Elle s’est acquittée de ses fonctions pénitentiaires jusqu’en 1990, au moment où ses activités ont été transférées dans un établissement plus moderne.

La Société de sauvegarde de la vieille prison de Sherbrooke a été créée en 1989 pour s’opposer à la démolition dont on menaçait la prison au moment de sa fermeture. La Société a le mandat de collaborer avec la ville et la population afin de trouver des solutions qui assurent la survie du site et sa transformation. Pour protéger la prison, le groupe l’a achetée en 1997 au ministère de la Culture et des Communications pour la somme d’un dollar.

La Société travaille depuis près de 20 ans à prévenir la détérioration, la négligence et le vandalisme, mais le piètre état dans lequel se trouvent d’importants éléments patrimoniaux comme l’enceinte pénitentiaire, la maçonnerie extérieure et la toiture l’inquiète. La Société voudrait attirer l’attention sur l’urgence des conditions de l’immeuble et obtenir la participation de tous les niveaux de gouvernement de même que celle de la population pour que la prison réponde aux normes du code du bâtiment.

Bien que le groupe ait présenté au ministère de la Culture plusieurs demandes de désignation de l’immeuble, le dossier n’a que peu progressé. « La prison Winter ne semble pas être une priorité pour le gouvernement provincial » note Daniel Quirion de la Société. « Il est maintenant temps d’agir, sinon il sera trop tard pour la prison. »

Malgré que le ministère ait investi dans de nombreuses études, la prison n’est pas protégée en vertu de la Loi sur les biens culturels.

Sensible au caractère patrimonial du site et de l’attachement de la population à l’ensemble carcéral, la ville de Sherbrooke a décidé d’intégrer la prison à son Plan d’implantation et d’intégration architecturale.

Les Sherbrookois connaissent bien l’endroit car le groupe artistique Art Libre y tenait des activités jusqu’à récemment.

Située à proximité de la rivière Magog, au cœur du vieux quartier patrimonial de Sherbrooke, la prison pourrait être le catalyseur de la revitalisation du secteur pour le plus grand bénéfice des touristes et de la collectivité.

Le Conseil des monuments et des sites du Québec a déjà prié les intervenants locaux comme les élus, la population de Sherbrooke et la corporation Cité des rivières, d’intégrer la prison dans les plans de revitalisation. Il y a une volonté manifeste dans la collectivité et à la municipalité de voir le secteur être revitalisé afin d’être prêt à recevoir les visiteurs.

 

Lieu : Sherbrooke, QC

Palmarès des 10 sites les plus menacés : 2008

Situation actuelle: Menacée

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