Observatoire David Dunlap et son parc

LES ÉTOILES N’ATTENDENT PAS!

La ville de Richmond Hill doit décidé comment réagir au rapport de la  Commission des biens culturels qui recommande la désignation de 80 p. 100 des 77 hectares du site de l’Observatoire David Dunlap comme bien du patrimoine culturel. 

La proximité de la rue Yonge et l’achat récent de l’ensemble par un grand promoteur immobilier ontarien augmentent la pression s’exerçant sur ce site scientifique d’importance internationale. , l’acheteur potentiel ne semble pas enclin à conserver le bâtiment.

Pourquoi c’est important

L’Observatoire David Dunlap est un monument culturel et scientifique directement associé aux réalisations canadiennes de calibre international en matière d’astronomie. Son parc de 77 hectares contient divers bâtiments revêtant une grande importance architecturale. L’observatoire lui-même, avec un dôme de 18 mètres, date de 1935. Il y a également l’immeuble beaux-arts de l’administration (1935), dessiné par le célèbre cabinet d’architectes canadien Mathers & Haldenby, la « cabane » abritant l’équipement de radioastronomie ainsi que la résidence du directeur, Elms Lea, une belle maison de ferme construite en 1864. Le site est un important paysage culturel de l’histoire de l’Ontario. On y trouve des éléments patrimoniaux exceptionnels rattachés aussi bien à son passé agricole qu’à l’astronomie. Des arboretums ont été aménagés pour assurer l’efficacité du télescope en modifiant le microclimat dans l’axe nord-sud de l’étoile polaire sur lequel se trouvent le télescope et l’immeuble de l’administration. La voie d’accès, promenade Donalda, traverse des terrains boisés et mène au campus astronomique. En 1950, une parcelle de 12 acres a été annexée à l’entrée sud du site. Le dôme rotatif en cuivre de l’observatoire doté d’un télescope de 188 cm a permis de réaliser d’importantes percées astronomiques, y compris la découverte du premier trou noir stellaire dans l’univers, par C.T. Bolton, et la photométrie d’amas globulaires galactiques, par Helen Sayer Hogg.

Pourquoi c’est menacé

L’Université de Toronto a obtenu la propriété en 1935 par voie de don de la philanthrope Jessie Donalda Dunlap, veuve de l’astronome amateur David Dunlap, avec la condition que la propriété revienne gratuitement aux héritiers Dunlap si l’Université n’en avait plus besoin pour un observatoire. Cependant, après un long et pénible procès judiciaire l’Université a obtenu le droit de vendre en 2008 la propriété à des fins résidentielles et commerciales. Vu les pressions dues au développement engendrées par la proximité du corridor de la rue Yonge, des groupes locaux ont déployé d’intenses efforts pour assurer la protection des valeurs patrimoniales du lieu. La ville de Richmond Hill a déclaré son intention de désigner seulement la moitié de la propriété comme bien du patrimoine culturel en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario. D’importants éléments contribuant à l’importance scientifique, écologique et patrimoniale du site resteraient ainsi sans protection. En juillet 2008 l’Université de Toronto a retiré de précieux biens scientifiques et culturels prévus expressément pour le bâtiment de l’observatoire diminuant l’intégrité du site.

La situation actuelle

En 2007, le groupe sans but lucratif Richmond Hill Naturalists, constitué en 1955 par les astronomes de l’Observatoire Dunlap, a présenté à la Commission des biens culturels une opposition à l’intention de la ville de Richmond Hill de désigner seulement la moitié du site comme paysage du patrimoine culturel en faveur d’une protection patrimoniale maximum. À l’automne dernier, l’honorable Lincoln Alexander, président de la Fiducie du patrimoine ontarien, a écrit à la ministre de la Culture pour demander qu’elle protège le site. En mai 2009, une délégation a rencontré le ministre de l’Environnement Jim Prentice pour le sensibiliser à l’importance du site sur le plan national. En juin 2009 la Commission des biens culturels a recommandé que la ville de Richmond Hill ajoute au moins 150 mètres à sa désignation, de façon à en protéger 80 p. 100 des 77 hectares. De plus, la Commission a recommandé qu’elle reconsidère la valeur patrimoniale de l’annexe de 12 acres, et qu’elle protège la promenade Donalda et ses arbres ainsi que l’intérieur et l’extérieur du dôme du grand télescope, de l’immeuble de l’administration, de la « cabane » de la radioastronomie et de la résidence Elms Lea. En outre, la Commission recommandait que la province octroie aussi une désignation patrimoniale au site. Il reste à voir si la ville de Richmond Hill décidera de suivre les recommandations ou de les ignorés.

 

Lieu : Richmond Hill, ON

Palmarès des 10 sites les plus menacés : 2009

Situation actuelle: Sauvé

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