Liste des lieux menacés 2026
Chaque année, la Liste des lieux menacés de la Fiducie nationale du Canada met en lumière des sites historiques de partout au pays qui se trouvent à la croisée des chemins. Depuis sa création en 2005, cette liste est devenue l’un de nos outils les plus efficaces pour protéger les lieux qui comptent pour les Canadiens, en suscitant une dynamique propice à des mesures positives.
La liste de cette année met en évidence un secteur patrimonial soumis à des pressions financières croissantes. Les compressions budgétaires et les désinvestissements laissent des lieux historiques sans ressources, des édifices emblématiques sont vidés de leur fonction sans plan clair pour leur avenir, et les lacunes en matière de protection juridique permettent la démolition par négligence.
Parallèlement, la liste de cette année offre de réelles raisons d’espérer. À Stanstead, au Québec, on constate que la conservation du patrimoine et le logement abordable sont poursuivis de concert plutôt que d’être considérés comme des priorités concurrentes. À Halifax, une pression publique soutenue a récemment suspendu la démolition de la Bibliothèque commémorative, ouvrant une fenêtre, aussi étroite soit-elle, sur un avenir différent.
Parmi les lieux qui ont été ajoutés à la liste des lieux menacés au cours des années précédentes, environ un quart ont été sauvés, environ un quart ont été perdus et les autres continuent d’avoir un avenir incertain. Sauver les lieux patrimoniaux exige de la volonté et de la coopération. Chaque lieu figurant sur la liste de cette année a le potentiel de continuer à contribuer à la qualité de vie de sa collectivité. Nous espérons que le fait de figurer sur cette liste permettra de mobiliser la vision et les ressources nécessaires pour assurer leur avenir.
Cliquez ici pour explorer la Liste des lieux menacés.
13,500 Lieux patrimoniaux sur le Répertoire canadien (national)

Depuis plus de vingt ans, le Répertoire canadien des lieux patrimoniaux constitue la seule base de données intergouvernementale consultable du pays sur les lieux patrimoniaux. En décembre 2025, Parcs Canada a annoncé que le Répertoire serait définitivement mis hors ligne, invoquant la technologie désuète et non prise en charge de la plateforme vieillissante. L’avenir à long terme du Répertoire – et, par extension, des lieux qui y sont répertoriés – dépend de la collaboration entre les autorités compétentes, de l’engagement des parties prenantes et de la conviction que le Répertoire est trop important pour être perdu.
Heather Pavilion (Vancouver, C.-B.)

Crédit photo: Philip Timms via VPL #5187
Le plus ancien bâtiment encore debout de l’Hôpital général de Vancouver, datant de 1906, devrait être démoli dans le cadre d’un plan de réaménagement du campus qui s’étend sur plusieurs décennies. En 2002, Vancouver Coastal Health avait signé une entente exécutoire visant à rénover le Pavillon en échange de droits d’agrandissement de l’hôpital, une obligation dont l’organisme souhaite désormais se libérer. Une audience publique sur l’abrogation de cette entente est prévue en 2027.
Temple bouddhiste de Maple Ridge (Maple Ridge, C.-B.)

Crédit photo: Maple Ridge Museum & Archives
Construit en 1933 par la communauté canadienne d’origine japonaise, ce temple a été saisi et vendu par le gouvernement pendant la période d’internement en temps de guerre. Depuis, il a successivement abrité plusieurs bars et, plus récemment, un magasin d’alcool. Il s’agit de l’un des trois seuls vestiges reconnaissables du patrimoine canadien d’origine japonaise qui subsistent à Maple Ridge. Des propositions de réaménagement du site sont actuellement à l’étude, et le bâtiment ne bénéficie d’aucune protection légale. Un comité de bénévoles cherche actuellement un moyen de le déplacer ou de le sauver.
High Level Bridge (Edmonton, Alb.)

Photo credit: City of Edmonton
Ce pont à poutres en treillis en acier datant de 1913, dont la construction a contribué à la fusion d’Edmonton et de Strathcona, accueille encore aujourd’hui des dizaines de milliers de véhicules par jour. Un rapport municipal publié en mai 2026 a révélé que la remise en état de cet ouvrage vieux de 113 ans au cours des 75 prochaines années pourrait coûter plus d’un milliard de dollars, et le conseil municipal évalue actuellement s’il vaut mieux procéder à sa mise hors service ou poursuivre les travaux de réparation.
Grange en pierre de l’Université de la Saskatchewan (Saskatoon, Sask.)

Crédit photo: City of Saskatoon
Comptant parmi les plus grandes granges patrimoniales de l’Ouest canadien, ce bâtiment historique de 1912, construit en granit et en cèdre, est inoccupé depuis 2010 et ses dommages structurels ne cessent de s’aggraver. Malgré une décennie d’études, de groupes de travail et d’efforts de collecte de fonds, l’université n’a toujours pas trouvé de solution viable pour sa restauration.
Phare de Port Burwell (Port Burwell, Ont.)

Crédit photo: « Port Burwell Lighthouse – Ontario (40975060571) » by Mark Wordy. CC BY 2.0.
Le plus ancien phare en bois situé sur la rive canadienne du lac Érié a changé de propriétaire cet été, la municipalité de Bayham ayant cédé la propriété au Port Burwell Historical Society après avoir conclu qu’elle ne pouvait pas financer elle-même la restauration du phare. La Société est désormais propriétaire de ce bâtiment et en assume l’entière responsabilité, alors que le coût total des travaux de réparation est encore en cours d’évaluation.
Édifice de la Baie d’Hudson (Montréal, Qc)

Crédit photo: “Edificio Henry Morgan, Montreal, Canadá, 2017-08-11, DD 43” by Diego Delso, delso.photo. CC BY-SA.
Le magasin phare de la Compagnie de la Baie d’Hudson à Montréal, construit en 1891, est inoccupé depuis la liquidation de l’entreprise en 2025. Une société de développement dirigée par des Cris a proposé un projet de réaménagement de 400 millions de dollars visant à en faire un centre culturel et patrimonial, mais contrairement à d’autres bâtiments comparables de la Compagnie de la Baie d’Hudson dans d’autres villes, la vente de celui de Montréal n’avait pas encore été finalisée au moment de la rédaction du présent article.
Collège des Ursulines (Stanstead, Qc)

Crédit photo: Radio Canada
Ce bâtiment principal de style Second Empire datant de 1884 est resté dépouillé et exposé aux intempéries pendant plus d’un an à la suite de l’effondrement d’un mur, sans bénéficier d’une protection officielle du patrimoine ni d’un accès aux fonds provinciaux destinés à la restauration. Un organisme de logement sans but lucratif étudie actuellement un projet visant à transformer certaines parties de l’ancien campus en logements abordables, ce qui attire une nouvelle fois l’attention sur le site.
Ferme MacDonald (Miramichi, N.-B.)

Crédit photo: MacDonald Farm
Cette ferme en pierre vieille de 200 ans, construite par une famille de colons écossais, appartenait à la province et était gérée par un organisme bénévole de 2012 à 2025, date à laquelle elle a fermé ses portes au public en raison d’une situation financière insoutenable. En 2026, le Nouveau-Brunswick a inscrit cette ferme parmi les dix sites patrimoniaux dont il prévoit se désengager dans le cadre de mesures de réduction des coûts, laissant ainsi son avenir incertain.
Halifax Memorial Library (Halifax, N.-É.)

Crédit photo: « Halifax Library (original) (30840738443) » by Sharon VanderKaay. CC BY 2.0.
Inoccupée depuis 2014, cette bibliothèque construite en 1951 en hommage aux victimes de la guerre semblait vouée à la démolition jusqu’à ce qu’une campagne publique amène le Conseil régional d’Halifax à suspendre ces projets en juin dernier, ouvrant ainsi la voie à d’autres propositions. Aucune nouvelle affectation n’a encore été confirmée, et la recommandation sous-jacente visant à démolir le bâtiment n’a pas été retirée.
Comme toujours, nous continuerons de suivre ces sites tout au long de l’année et de vous tenir au courant de l’évolution de leur situation. Merci de vous joindre à nous pour soutenir ces lieux qui racontent l’histoire du Canada.