Voyage à travers la guerre de 1812 en sept Lieux Passeport
Les origines de la guerre de 1812 remontent à bien avant 1812. En effet, les guerres napoléoniennes en Europe ont commencé en 1799 et se sont terminées après la guerre de 1812, en 1815. Les guerres napoléoniennes ont poussé la Grande-Bretagne à prendre des mesures qui ont contrarié les États-Unis et ont eu des répercussions sur le commerce américain avec les nations européennes. Le 18 juin 1812, le président américain James Madison a déclaré la guerre à la Grande-Bretagne. Alors une colonie de la Grande-Bretagne, le Canada constituait une cible d’invasion américaine de choix. Ces événements sont commémorés dans sept Lieux Passeport aujourd’hui.
Une grande partie de la guerre de 1812 s’est déroulée autour des Grands Lacs et sur leurs rives. Après tout, le Haut-Canada était bien plus près que la Grande-Bretagne. À l’instar de ce qui s’est produit lors la guerre révolutionnaire, des soldats noirs loyaux ont servi dans les rangs britanniques, attirés par la promesse de l’émancipation. Les peuples autochtones se sont alliés aux Britanniques pendant la guerre de 1812. Sous la houlette de chefs tels que Tecumseh, ils ont soutenu les Britanniques pour s’opposer à l’expansion américaine sur leurs terres.
Bien que cela se soit passé il y a plus de 200 ans, la guerre de 1812 a eu un effet durable sur l’identité nationale canadienne. Ces Lieux Passeport, disséminés dans tout le sud de l’Ontario, rappellent l’héritage de ce conflit et rendent hommage aux personnes qui y ont pris part.
Maison François-Baby, Windsor, ON

Maison François-Baby | Musée Windsor
Ancienne demeure de l’homme politique local François Baby, cette maison historique a été le théâtre de l’invasion du Haut-Canada par la rivière Détroit en juillet 1812. La maison, qui était encore en construction, a été réquisitionnée par les Américains et le général William Hull. Il y érigea des ouvrages défensifs autour des trois côtés de la maison donnant sur l’intérieur des terres et établi un camp américain dans le verger. Les Américains ont maintenu cette position et ont utilisé la maison comme quartier général jusqu’en août 1812, lorsque Hull s’est retiré de l’autre côté du fleuve Détroit vers Fort Détroit. Les Britanniques, dirigés par le général Isaac Brock, ont pris le contrôle de la maison et de son emplacement stratégique sur le fleuve Détroit, construisant une batterie d’artillerie pour quatre canons sur la propriété qui serait utilisée pour tirer sur Fort Détroit et forcer la reddition du fort aux Britanniques.

Ce croquis de Benson John Lossing (1813-1891) a été publié en 1869 dans The Pictorial Field Book of the War of 1812
La maison François-Baby allait être le théâtre d’un autre conflit, puisque la bataille de Windsor s’est déroulée à ses portes en décembre 1838, dans le cadre des Rébellions de 1837-1838. Aujourd’hui, la maison François-Baby fait partie du Musée de Windsor et est classée lieu historique national. Les visiteurs peuvent explorer des galeries permanentes qui retracent en détail le lien de la maison avec la guerre de 1812 et la bataille de Windsor. Ils présentent également des expositions sur la maison elle-même et le patrimoine francophone.
Fort York, Toronto, ON

Fort York | Ville de Toronto
Situé au cœur du centre-ville de Toronto, le lieu historique national Fort-York est un parc archéologique de 43 acres contenant la plus grande collection de bâtiments originaux de la guerre de 1812 au Canada. C’est là qu’a eu lieu la bataille de York.
Le 27 avril 1813, au petites heures du matin, 16 navires américains ont débarqué à York (aujourd’hui Toronto), la capitale du Haut-Canada. L’enceinte abritait une petite garnison britannique, et les défenseurs de York comptaient environ 100 guerriers anishinaabeg de la région, ainsi que 800 soldats de l’armée régulière britannique et miliciens canadiens. Malgré leurs efforts pour repousser les assaillants, la supériorité numérique écrasante des Américains a contraint le commandant britannique, Sir Roger Hale Sheaffe, à ordonner un repli et à abandonner Fort York. Il a également ordonné la destruction de matériel militaire afin d’empêcher qu’il ne tombe entre les mains des Américains, ce qui a notamment conduit à brûler deux navires de guerre en cours de construction dans le chantier naval de la ville. Les 30 000 livres de poudre noire entreposées dans la grande poudrière du fort ont également explosé, provoquant une détonation massive qui a tué ou blessé près de 250 soldats américains.

La flotte américaine arrivant à York avant sa capture. Owen Staples (1866-1949). | Bibliothèque publique de Toronto, numéro de référence JRR 905.
Les Américains occupèrent la ville pendant six jours, livrant au pillage habitations, commerces et édifices publics, incendiant le bâtiment du Parlement et la résidence du gouverneur, et détruisant l’imprimerie locale. La bataille et la prise de York constituèrent une défaite importante pour les Britanniques et une victoire fort nécessaire pour les Américains, après plusieurs revers majeurs subis au début de la guerre. L’incendie de York a trouvé un écho dans celui de la Maison-Blanche à Washington, incendiée par les forces britanniques en 1814.
Fort-York est aujourd’hui ouvert au public et propose des expositions consacrées à l’histoire du fort, à la bataille de York et à l’évolution de la ville de Toronto, jusqu’à sa transformation en la métropole que nous connaissons.
Maison-musée du Champ de bataille, Stoney Creek, ON

Maison-musée du Champ de bataille | Ville de Hamilton
À peine deux mois suivant la bataille de York, des troupes américaines se sont lancées dans une campagne militaire offensive dans le Haut-Canada et ont commencé à avancer vers Burlington. Ils ont campé à l’extérieur de la Maison, alors la demeure de la famille Gage qui se trouvait toujours à l’intérieur de la propriété.
Billy Green, un jeune local, a appris les plans des Américains et a monté à cheval pour se rendre à Burlington Heights afin d’avertir les Britanniques. Grâce à ces renseignements cruciaux et à l’effet de surprise, les Britanniques lancèrent une attaque contre les 3 500 Américains endormis en pleine nuit. Les Américains se sont repliés vers Fort George, ce qui a entraîné une victoire décisive pour les Britanniques.
La bataille de Stoney Creek est considérée comme un tournant majeur de la guerre, après les défaites britanniques subies à Fort George et à York. Aujourd’hui, le monument commémoratif rend hommage à ceux qui ont perdu la vie lors de la bataille, tandis que l’œuvre « Eagles Among Us » de l’artiste autochtone David General est dédiée à la paix et à la réconciliation. La Maison-musée du champ de bataille, autour de laquelle la bataille de Stoney Creek a fait rage, est ouverte aux visiteurs et vous invite à explorer l’histoire de la maison et de la bataille.
Le château Dundurn, Hamilton, ON

Château Dundurn | Ville de Hamilton
Avant la construction du château de Dundurn, commandée par Sir Allan Napier MacNab dans les années 1830, Burlington Heights abritait un campement militaire fortifié des Britanniques de 1813 à 1815. La région de Burlington Heights a fourni des ressources indispensables, un refuge et une protection aux hommes, aux femmes et aux enfants, ainsi qu’aux Premières Nations. C’est depuis Burlington Heights que les Britanniques lancèrent leur attaque nocturne contre les troupes américaines sur le site de la Maison du champ de bataille.
Les vestiges des fortifications militaires sont encore visibles au château de Dundurn, notamment les remparts de terre qui avaient été érigés pour former une ligne de défense. À la fin de la guerre de 1812, les quartiers militaires ont servi d’hôpital pour soigner les maladies infectieuses. Lorsque MacNab a acquis la propriété, il a fait construire le château de Dundurn, un édifice de 40 pièces qui a intégré bon nombre des vestiges du campement britannique. Sa conception architecturale comporte également des références à la guerre de 1812, rendant ainsi hommage à l’histoire et à l’importance stratégique du site.
Musée militaire de Hamilton, Hamilton, ON

Musée militaire de Hamilton | Ville de Hamilton
Dans l’enceinte du château de Dundurn se trouve le Musée militaire de Hamilton. Le musée occupe le Battery Lodge, un immeuble construit dans les années 1830 pour servir de guérite au domaine du château de Dundurn. Il est appelé Battery Lodge en raison de sa position au sommet d’une batterie datant 1812 (plateforme de canons).
Le musée militaire de Hamilton partage l’histoire de Burlington Heights et son rôle dans la guerre de 1812 au moyen d’expositions et de présentations interactives et pratiques, ainsi que d’autres aspects du patrimoine militaire de Hamilton.
Lieu historique national de Hamilton et Scourge, Hamilton, ON

Lieu historique national de Hamilton et Scourge | Ville de Hamilton
Construits à l’origine comme goélettes marchandes, le Hamilton et le Scourge (qui, avant la guerre de 1812, s’appelaient respectivement le Diana et le Lord Nelson) furent transformés en navires de guerre pour la marine américaine dès le début du conflit. Ils ont joué un rôle déterminant dans la prise du fort George en mai 1813. Ils ont coulé le 8 août 1813 à la suite d’une tempête subite. Bien que leur naufrage ne soit pas dû à une bataille, ce fut la plus grande tragédie en termes de pertes humaines survenue sur les Grands Lacs pendant la guerre de 1812.
Remarquablement bien préservés, ils constituent les seuls navires de guerre de 1812 encore intacts au monde. La plongée vers les navires est interdite sans autorisation.
Musée de Niagara, Niagara-on-the-Lake, ON

Musée de Niagara | Musée de Niagara
De par son emplacement stratégique à la frontière entre le Canada et les États-Unis, Niagara-on-the-Lake s’est retrouvée au cœur du conflit. Des batailles et des conflits ont eu lieu dans toute la région, et sont commémorés au Musée de Niagara par des expositions et des présentations.
Parmi les objets exposés se trouvent le chapeau du général Isaac Brock (1812), des uniformes de la guerre de 1812, et plus encore. Le musée dispose également d’une exposition virtuelle qui détaille l’histoire de Niagara-on-the-Lake tout au long de la guerre de 1812.
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